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Négligée par de nombreux Artistes Peintres, la sélection des pigments pour la peinture à l’huile revêt un caractère extrêmement important pour un artiste sérieux et respectueux, à la fois de son travail et de sa clientèle ! 

En affirmant ceci, j’ai conscience d’aller à contre courant des tendances actuelles qui, hélas, consistent en la planification par la base. Le principal objectif d’une très grande majorité d’exposants (je n’ose pas les qualifier d’artistes) est devenu la vente et bien entendu, la rentabilité !

Je suis opposé à ce système qui s’est développé en France notamment depuis la fin des années 1960 et surtout, à une vitesse vertigineuse, depuis les années 1980 ! Qui en est responsable ? En tout premier lieu, je n’hésite pas à désigner les écoles d’Etat des beaux-arts en raison de l’incompétence et de l’ignorance des enseignants (il existe aussi des exceptions…) plus axés sur la politique que sur la qualité de l’enseignement… Je sais que je suis très dur en affirmant cela… mais les choses sont ainsi. Cette ignorance par ailleurs sert très largement les intérêts de nombreux fabricants de peinture, surtout ceux à qui l’éducation nationale doit de nombreux "cadeaux" (en matériel et en remises sur leur achats, souvent en vente directe : ce qui est refusé aux artistes professionnels). Ceci explique sans doute cela…

Les "responsables" du ministère de la culture, par leur mépris des artistes, n’ont pas arrangé les choses. Ajoutons à cela les publicités "erronées" de nombreux fabricants, certains allant jusqu’à qualifier de "stabilité maximale en mélange des sulfures de cadmium", c’est peu dire des autres couleurs ! Résultat, en 2016, nous pouvons affirmer que seulement 3 à 5 % des peintres travaillent sérieusement après avoir appris leur métier avec un maître, ou, avec de grandes difficultés, avec une abondante documentation.

La connaissance de la nature des pigments et de leurs principales caractéristiques, même si elle est peu attrayante pour un artiste, n’en demeure pas moins indispensable à tout Artiste Peintre digne de ce nom. C’est pour palier à cette grave carence relevée chez de nombreux peintres que je n’hésite pas à traiter en profondeur ce sujet, un peu compliqué, j’en conviens volontiers.

Rassurez-vous cependant, après avoir assimilées un minimum de connaissances en vue de la sélection de votre peinture (sélectionner des pigments qui soient stables aussi bien utilisés seuls qu’en mélange, consiste souvent, pour les meilleures marques, à éliminer 80 % de leur production… et la quasi-totalité pour les plus "commerciales"). Après une sélection sérieuse, votre travail sera plus "assuré" car vous serez certain de travailler dans les meilleures conditions techniques.

Petite précision, n’hésitez pas, lors de l’achat de vos peintures, à vous montrer très exigeant et n’acceptez jamais de couleurs de remplacement sans en connaître la composition chimique ! De telles exigences éliminent plus de 90 % des peintures vendues dans le commerce… Mieux vaut vous prévenir de suite, de telles exigences sont rarement de nature à plaire aux marchands (sauf rares exceptions, il existe aussi des commerçants qui connaissent réellement les peintures de qualité… par d’autres sources que celles des dépliants des fabricants, pour ces derniers, le but est avant tout de vendre leurs produits)… Les objectifs commerciaux s’obtiennent souvent au détriment de l’artiste et de sa clientèle! 

Après la lecture de ce document vous pourrez travailler en véritable professionnel, en Artiste Peintre qui apporte une très grande importance à l’amour du travail bien fait et capable de surmonter tous les obstacles sans se laisser "démonter" par les intellectualistes de l’art, personnes qui affectent d’être savantes, qui font étalage de leur peu de connaissances avec vanité pour mieux masquer une ignorance profonde ! 

Les pigments pour la peinture et la coloration des œuvres d’art
Comme nous l’avons vu, un pigment de peinture est une poudre fine qui rediffuse la lumière du spectre visible, ce qui donne lieu à un effet de blanc, ou qui absorbe certaines longueurs d'onde, ce qui produit la couleur.

Le mélange des pigments détermine la couleur souhaitée. En peinture, il existe trois couleurs dites primaires : le jaune primaire, le bleu cyan et le rouge magenta. Leur mélange permet d'obtenir toutes les couleurs saturées du spectre visible. Le mélange en proportions égales de deux couleurs primaires donne lieu à la couleur complémentaire de la troisième : en mélangeant du magenta et du jaune, on produit de l'orangé, complémentaire du bleu cyan ; avec du magenta et du cyan, on obtient le violet ; avec le jaune et le cyan, on prépare le vert. On ajoute le blanc et le noir pour obtenir toutes les tonalités du spectre visible, ceci en théorie... la mise en pratique est souvent bien différente, du simple fait que ces couleurs dites "de base" présentent de grandes différences de ton d'une marque à l'autre ! L'artiste professionnel se doit de dépasser ces théories purement scolaires. 

Est dégradée une couleur à laquelle l'on ajoute du blanc ; si, en revanche, l'on ajoute du noir, ou encore une couleur plus sombre, on dit de cette couleur qu'elle est rabattue.

Les pigments blancs sont généralement des oxydes inorganiques, comme le dioxyde de titane (*) (TiO2), l'oxyde d'antimoine (Sb2O3) et l'oxyde de zinc (ZnO). D'autres composants inorganiques blancs insolubles sont d'un usage courant : le sulfure de zinc (ZnS), la céruse et le sulfate de baryum (BaSO4). L'oxyde de fer, jaune, rouge ou brun (Fe2O3), l'oxyde de chrome, vert (Cr2O3), l'oxyde de plomb, rouge (Pb3O4) sont d'autres pigments à base d'oxydes inorganiques. Les chromates de plomb, de zinc, de strontium et de nickel offrent des teintes variées de jaune et d'orange. Un grand choix de pigments organiques permet d'obtenir d'autres couleurs.

*) Le dioxyde, en terme de chimie, est un oxyde qui contient deux atomes d’oxygène. Exemple, le Dioxyde de carbone : gaz carbonique (CO2). 

Voyons à présent les 20 principaux pigments utilisés en peinture artistique.

Le carbone
En terme de chimie, le carbone est un des éléments ou corps qu'on ne peut pas décomposer. Il est abondamment répandu dans la nature, formant, dans le sein de la terre, des masses plus ou moins considérables, et constituant le charbon, le diamant, le bois, la tige et les feuilles des plantes.

Ce mot "carbone" nous vient du bas-latin carnaticum, et du latin caro, carnis, chair 

Le carbone est l’élément chimique non métallique de symbole C et de numéro atomique 6. Il est présent dans de nombreux composés naturels : gaz carbonique de l’atmosphère, roches calcaires, combustibles (gaz, pétrole, charbons minéraux). C’est de plus un constituant fondamental de la matière vivante. Par la photosynthèse, les plantes convertissent le gaz carbonique de l’air en hydrates de carbone, lesquels sont dégradés en gaz carbonique par les êtres vivants. Cette chaîne fermée constitue le cycle du carbone.

Le carbone est le quatorzième des éléments de la surface de la Terre classés par ordre d’abondance décroissante. Il constitue environ 0,9% en masse de la lithosphère et de l’hydrosphère réunies. Certains échantillons, graphite et diamant, existent à l’état naturel sous forme cristallisée et dans un très grand état de pureté.

La grande majorité des composés du carbone relèvent de la chimie organique ; seuls seront examinés dans ce paragraphe des composés minéraux : oxydes et leurs dérivés, carbures métalliques et composés d’insertion, composés azotés.

Variétés allotropiques (l’allotropie consiste en l’existence de plusieurs états sous lesquels peut se présenter un corps, par exemple, le carbone peut se trouver à l’état de graphite ou de diamant [allotropie cristalline]): À côté des deux formes cristallines, graphite et diamant, le carbone existe sous différentes formes amorphes qui peuvent être assez impures. Les propriétés physiques varient beaucoup selon la variété considérée. Leurs propriétés chimiques, les composés d'insertion du graphite mis à part, sont les mêmes avec seulement des différences parfois notables de vitesse de réaction.

Le graphite, très répandu sur terre, est l’autre forme cristalline du carbone. Il en existe deux variétés structurales. On le trouve dans la nature et les Anciens le connaissaient déjà, mais on le confondait avec d’autres minéraux assez semblables à lui par leur aspect ; c’est au 16ème siècle qu'on exploita systématiquement des mines de graphite en vue d'obtenir le produit permettant de réaliser des crayons. 

Propriétés chimiques du carbone :

Le carbone réagit avec un bon nombre de corps simples. À des températures ne dépassant pas 2000, il s’unit à l’hydrogène pour donner du méthane ; à des températures supérieures, on trouve, dans les produits de la réaction, de l’acétylène et des radicaux libres CH3r, CH2r, CHr et Hr à côté du méthane.

Le carbone réagit au rouge avec le soufre pour donner du sulfure de carbone. 
Les impuretés présentes et l’état physique du carbone jouent un rôle sur sa facilité d’oxydation. L’addition de nombreuses substances minérales provoque une augmentation de la vitesse d’oxydation.

Des composés d’insertion ont été obtenus avec le potassium, le césium, le fluor, le brome, des chlorures (parmi lesquels le chlorure ferrique a donné un produit très étudié), des oxydes, des sulfures, des acides concentrés (sulfurique, nitrique). Des produits d’oxydation particuliers du type insertion ont été obtenus avec des mélanges oxydants tels que le chlorate de potassium en présence d’acide nitrique. Ces produits ont été appelés acides ou oxydes graphitiques.

L’oxychlorure de carbone COCl2, appelé encore phosgène, se forme par addition du chlore sur l’oxyde de carbone. C’est un gaz incolore, suffocant, extrêmement toxique, qui fut utilisé comme gaz de combat pendant la Première Guerre mondiale. C’est un intermédiaire des industries des colorants et des produits pharmaceutiques.

L’oxyde de carbone est un composé non saturé susceptible de réactions d’addition. Avec l’oxygène, la réaction est exothermique et l’oxyde de carbone est un combustible. De nombreuses réactions d’addition autres que la seule combustion ont été observées : addition d’halogènes, de soufre, de cyanogène, de soude.

L’oxyde de carbone donne des composés d’addition très intéressants avec des métaux tels que le nickel, le fer et d’autres métaux de transition (*) des 6e, 7e et 8e groupes. Ces composés sont appelés métaux carbonyles.

*) Métaux de transition: en terme de chimie, les métaux de transition sont des éléments intermédiaires entre les métaux et les non-métaux, dont la couche électronique interne n’est pas saturée en électrons. Les métaux de transition forment des complexes, comme le ferrocyanure [Fe (CN) 64-], qui possèdent parfois des propriétés magnétiques spéciales. Ils forment également des composés organométalliques, volatils et solubles dans les composés organiques. 

Le cobalt
C’est un métal d'un blanc irisé (coloré des couleurs de l’arc-en-ciel), rougeâtre, peu brillant et très difficile à fondre. On disait aussi autrefois cobolt.

L’étymologie du mot "cobalt" est très discutée. Certains le font dériver du mot grec k´oalov qui signifie mime ou clown, et d’autres du mot allemand Kobold qui désigne un gnome ; en effet, les minerais trop riches en cobalt donnaient par fusion un speiss cassant qu’on ne savait pas traiter autrefois ; les mineurs voyaient là une vengeance d’un génie souterrain (gnome) que la tradition talmudique et cabalistique représente sous la forme d’un nain contrefait. Les mineurs suédois, ayant pris ce minerai pour un minerai précieux et le voyant se comporter mal à la fusion, lui donnèrent ce nom pour exprimer la sorte de tromperie qu'ils avaient subie.

Le cobalt (symbole Co, numéro atomique) est un métal placé sur la première ligne de la colonneVIII, entre le fer et le nickel ; il existe des analogies nombreuses entre cet élément, le rhodium et l’iridium.

Le cobalt naturel, de masse atomique 58,94, renferme le seul isotope non radioactif 59Co ; les isotopes radioactifs 54, 55, 56, 57, 58, 60, 61 et 62 ont été identifiés.

Le cobalt métallique a été isolé dès 1735 par Georg Brandt ; lorsqu’on eut découvert, en 1910, que ce métal améliorait les aciers à coupe rapide, les métallurgistes s’y intéressèrent.

Dans l’Antiquité, en Perse, en Mésopotamie, en Égypte, en Chine, en Grèce, à Rome, des verres colorés en bleu par de l’oxyde de cobalt servaient à imiter le lapis-lazuli. On trouve du cobalt dans les verres de Venise les plus anciens. Au 16ème siècle, en Bohême, on fabriqua le "safre", puis le "smalt", utilisés en verrerie et en céramique. 

En 1705, Walchin prépara une encre sympathique à base de sels de cobalt et de bismuth.

Où se trouve le cobalt? 
La croûte terrestre ne renferme que 0,001% de cobalt. Les eaux naturelles, la plupart des sols cultivés en renferment des traces car le cobalt est un oligo-élément nécessaire à la vie des plantes et, d’autre part, la vitamine B12, indispensable à l’homme et aux animaux, en contient. On trouve aussi ce métal dans les météorites, dans l’atmosphère solaire et dans diverses étoiles (simple hypothèse à ce niveau). C’est des minerais qu’est extrait industriellement le cobalt. Ils ont très nombreux ; ce sont essentiellement des arséniures, des thio-arséniures, des oxydes, des carbonates, des arséniates, des sulfures. Le cobalt est aussi un sous-produit des métallurgies du nickel et du cuivre.

Caractéristiques physiques du cobalt
Le cobalt est un métal blanc auquel le polissage confère un reflet bleuté. Sa dureté, son élasticité et ses caractéristiques d’usinage sont semblables à celles du fer et du nickel, ses deux voisins dans le tableau périodique. 

Propriétés chimiques du cobalt
À la température ordinaire, le cobalt résiste à l’air et à l’eau. À chaud, les halogènes, l’oxygène, le soufre, le phosphore, l’arsenic, l’antimoine se combinent au cobalt ; à température élevée, ce métal dissout le carbone et le silicium avec production de carbures et de siliciures. 

À froid, les acides fluorhydrique, chlorhydrique, sulfurique, nitrique (étendu d’eau), orthophosphorique attaquent le cobalt ; l’acide nitrique fumant le rend passif.

Il existe de nombreuses méthodes colorimétriques très sensibles qui mettent en œuvre la formation de complexes et les méthodes spectrographique et polarographique sont elles aussi très utilisées.

L’oxyde Co3O4 est utilisé en verrerie : en petite quantité il décolore la pâte fondue tandis qu’en plus grande quantité il la colore en bleu. Ce même oxyde permet d’obtenir une bonne adhérence de l’émail sur les tôles de fer ou d’acier. En céramique, l’oxyde sert à décolorer les argiles et à préparer des colorants bleus, verts, roses ou violets après cuisson.

Les sels de cobalt (II) sont des catalyseurs d’oxydoréduction : on utilise le linoléate, le naphténate, les résinates pour rendre siccatives des huiles destinées à la fabrication de peintures et de vernis. 

Sur le plan de la pratique de la peinture artistique, les peintures à base de cobalt (bleu de cobalt, violet de cobalt) sont très stables et facilement miscibles avec d’autres pigments. Mais elles sont aussi parmi les plus chères !


Le pourpre
Le pourpre (du latin purpura) est une matière colorante d'un rouge foncé et éclatant fournie autrefois par un mollusque gastéropode, le murex brandaris, et remplacée aujourd'hui par la cochenille. 

Les étoffes teintes en pourpre faisaient une des parties les plus considérables du commerce ancien, surtout de celui de Tyr, dont l'industrie et l'extrême habileté avaient porté cette précieuse teinture au plus haut degré de perfection où elle put être conduite. 

Le pourpre est une couleur d'un beau rouge foncé qui tire sur le violet. 

En chimie, le pourpre de Cassius, considéré par quelques chimistes comme un deutostannate d'or, obtenu en précipitant le chlorure d'or par le protochlorhydrate d'étain, et par d'autres chimistes comme de l'or métallique, qui ne devrait qu'à sa grande division la couleur pourpre qu'il présente; il s'emploie dans la peinture sur porcelaine mais ce pourpre est issu du manganèse.

Le nom de Pourpre d'indigo est donné à l'acide sulfo-purpurique, qui est un dérivé de l'indigo.

Complètement abandonné pour la peinture à l’huile (très faible stabilité chromatique), je ne le cite que pour information. 


Le cadmium
Ce mot "cadmium" nous vient du grec "cadmie" et du latin "cadmia". Cadmie est un terme de l'ancienne chimie. La cadmie naturelle ou fossile désigne un minéral qui contient du zinc, du fer, quelquefois de l'arsenic, souvent aussi du bismuth, de l'argent et du cobalt. La cadmie artificielle ou de fourneaux, dite aussi tutie, est de l'oxyde de zinc sublimé. Il existe enfin la cadmie d'arsenic qui est de l'oxyde blanc pulvérulent qui se forme à la surface des masses de l'acide arsénieux du commerce.

Le cadmium est un élément métallique de numéro atomique Z = 48, de masse atomique 112,41 (symbole Cd). Ce métal (Cd) est blanc, de densité 8,65, il fond à 321°C et bout à 765°C, ses propriétés sont voisines de celles du zinc. 

Le cadmium accompagne très souvent le zinc dans ses minerais. Il entre dans la fabrication de certains accumulateurs. On l’utilise comme revêtement pour protéger l’acier contre la corrosion. L’oxyde de cadmium, jaune-brun, sert à décorer les porcelaines. Le sulfure de cadmium est utilisé en peinture, dans l’industrie du caoutchouc et dans des détecteurs photosensibles. 

Le cadmium est un métal blanc argent, légèrement bleuté, très malléable et ductile (qui peut être étiré sans se rompre). Son abondance dans la lithosphère est estimée à 0,15 g par tonne, c’est donc un métal relativement rare. 

Il n’existe pas de minerais de cadmium en quantités métallurgiquement exploitables ; le plus connu est la greenokite (sulfure de cadmium à 77,8 % de métal) ; il révèle sa présence dans les minerais de zinc par des taches jaunâtres. 

Le cadmium est principalement extrait des minerais de sulfure de zinc (blendes), mais, comme ceux-ci sont associés généralement au plomb et souvent au cuivre, le cadmium provient également de quelques usines métallurgiques où la production du plomb et quelque fois du cuivre l’emporte sur celle du zinc. De toute façon, la métallurgie du cadmium est dérivée directement de celle du zinc.

C’est le chimiste Hermann, fabricant d’oxydes de zinc pour les pharmacies, touché par la mesure d’interdiction visant l’arsenic, qui reprit les travaux de Strohmeyer et put confirmer la découverte du métal identifié sous le nom de cadmium.

Les principaux domaines d’utilisation du cadmium sont la galvanoplastie, les accumulateurs alcalins, les alliages, l’industrie nucléaire, avec également une utilisation nouvelle en énergie solaire. Certains composés chimiques ont eux-mêmes leurs applications industrielles : pigments pour peintures et matières plastiques, et sels pour la constitution des bains de galvanoplastie. Par ses propriétés chimiques et celles de ses composés, le cadmium a beaucoup de similitude avec le zinc. Le cadmium a une bonne résistance à la corrosion dans les diverses atmosphères et, plus particulièrement, en milieu marin. 

Le cadmium se trouve dans presque tous les minerais polymétalliques contenant du zinc et, plus ces minerais sont riches en zinc, plus ils contiennent de cadmium. Les teneurs en cadmium des minerais de zinc sont néanmoins très faibles, de 0,01 à 0,03 % sur minerai brut ; certains gisements au Mexique et au Pérou ont donné des taux plus élevés. Les minerais subissent à la mine dans les laveries un enrichissement par flottation qui permet d’obtenir avec les blendes, en partant de teneurs sur brut d’environ 3,5 à 6 % de zinc, des taux s’élevant à 50 à 60% ; de ce fait, la teneur en cadmium atteint 0,1 à 0,5 %. Comme conséquence, la production de cadmium est comprise, suivant les minerais exploités, de 1,8 à 5 kg par tonne de zinc élaborée.

Principaux domaines d’utilisation du cadmium 
Les principaux domaines d’utilisation du cadmium sont : la galvanoplastie, les accumulateurs alcalins, les alliages, l’industrie nucléaire et la fabrication des composés chimiques, ces derniers ayant leurs applications industrielles spécifiques, notamment comme constituants pour la composition des bains de galvanoplastie et les pigments pour les peintures, encres, verres, émaux et céramiques et, surtout, comme stabilisants dans les matières plastiques, puis, plus récemment, dans la conversion de l’énergie solaire.

Considérons le domaine d’utilisation qui concernent directement les Artistes Peintres : l’usage des composés du cadmium conduisant à des applications industrielles importantes pour les fabricants de peinture. Ces composés comportent deux orientations principales :
– les sulfures connus surtout sous l’appellation de pigments de cadmium ;
– les oxydes, les cyanures, les fluoborates et les sulfates qui entrent dans la composition des bains électrolytiques de cadmiage.

Pigments de cadmium
Cette branche d’utilisation du cadmium est importante ; elle se place suivant les pays au premier ou au deuxième rang des consommations de ce métal. Le sulfure de cadmium possède la propriété de former des solutions solides avec des produits de même nature chimique tels que le sulfure de zinc, le séléniure de cadmium, le sulfure de mercure.

Après syncristallisation (ce qui est le fait des corps isomorphes) à température élevée des différentes combinaisons, on obtient des nuances qui forment une gamme très étendue allant du jaune verdâtre au rouge bordeaux foncé (sulfure double de cadmium et de zinc : jaune verdâtre, citron ; sulfure de cadmium : jaune d’or ; sulfoséléniure de cadmium : rouge orangé à rouge foncé ; sulfure double de cadmium et de mercure : rouge).

Les matières premières pour la fabrication des sulfures partent des métaux de haute pureté car la présence d’impuretés telles que le plomb et le cuivre dont les sulfures seraient ternes, plus ou moins gris-noir, altérerait la limpidité des couleurs.

La fabrication des sulfures de cadmium est réalisée à partir du métal mis en solution dans un acide ; la liqueur additionnée suivant les cas de sels de zinc est précipitée par des sulfures alcalins ou sulfosélénium suivant les nuances recherchées. Le précipité est filtré, soigneusement lavé, séché puis broyé finement. Il est soumis à un traitement thermique pour parfaire les propriétés pigmentaires.

Les pigments de cadmium sont soumis à des contrôles systématiques de façon à garantir la pureté chimique des produits et la constance de leurs propriétés physiques. Ils subissent des tests de colorimétrie pour adapter les nuances et les puissances colorantes en fonction des applications aux matières plastiques, peintures, encres et verres.

Les pigments de cadmium sont des produits minéraux, insolubles dans les résines et les solvants organiques. Ils possèdent des nuances vives et une excellente dispersibilité ; ils donnent des couleurs opaques et inaltérables à des températures élevées. Ils offrent une grande solidité à la lumière et aux intempéries.

Malgré leurs prix hélas relativement élevés, les pigments de cadmium en raison des propriétés remarquables qui viennent d’être exposées sont très recherchés et largement utilisés pour la coloration de toutes les matières plastiques et, notamment, des polystyrènes (cristal BS, ABS, etc.), des polyoléfines, polyvinyliques, polyamides, méthacrylate de méthyle, etc., puis des peintures et, principalement, des laques au four des carrosseries en raison précisément de leur comportement et de leur stabilité à des températures élevées, des encres d’imprimerie, des verres et des émaux.

La compatibilité des pigments de cadmium avec la plupart des autres pigments organiques ou minéraux les faits apprécier et ils s’imposent lorsqu’il faut réaliser des fabrications de haute qualité avec des colorations de très belles teintes et nuances. Malheureusement, s’il est vrai que sa miscibilité est remarquable et sans effet à court terme, dans la pratique, l’Artiste Peintre doit se montrer extrêmement prudent dans ses mélanges avec du cadmium : les peintures à base d’oxyde de zinc sont vite altérées par le cadmium : par exemple, un beau jaune claire, obtenu avec un mélange de jaune de cadmium et un blanc d’argent perd très rapidement (sur une dizaine d’années, ce qui est très peu pour une œuvre d’art) de son éclat, sa luminosité vire alors à la grisaille, effet fort préjudiciable sur un tableau! Ne perdons pas de vu le fait que l’Artiste Peintre doit réaliser des œuvres dont les couleurs doivent traverser le temps (des siècles) avec le moins de dommages possibles, alors qu’une stabilité chromatique de quelques années est suffisante aux peintres de l’industrie. Donc, si les cadmiums sont effectivement très stables utilisés seuls ou en mélange entre eux, il faut se montrer prudent lors de son usage en mélange avec certains pigments plus fragiles : ce sont avant tout des sulfures ! 


Le chrome
Le mot "chrome" nous vient du grec "chroma" (couleur). C’est un terme de chimie qui caractérise un métal ainsi nommé parce qu'il forme des combinaisons colorées avec la plupart des corps.

Le chrome est donc un élément métallique de numéro atomique Z = 24 et de masse atomique 51,996 (symbole Cr), de couleur grise-branche (il peut avoir un aspect très brillant) très dur, de densité 7,19, qui fond à 1875 °C et bout à 2665 °C. 

Le chrome est un métal placé en tête de la colonne VIa de la classification périodique ; il appartient donc à la première famille des éléments de transition. Il a de nombreuses analogies avec le molybdène, le tungstène et l’uranium et quelques analogies avec des éléments de la colonne VIb, en particulier le soufre et le sélénium au degré d’oxydation 6. Le chrome naturel renferme les isotopes 50 (4,31%), 52 (83,76%), 53 (9,55%) et 54 (2,38%) non radioactifs.

Dans la nature, le chrome se rencontre sous la forme de chromite FeCr2O4. Il se prépare par réduction de l’oxyde Cr2O3. Le chrome a une grande affinité pour l’oxygène. Il fournit des composés chromeux, chromiques et des chromates et bichromates, dérivant respectivement des oxydes CrO, Cr2O3 et CrO3. Ses alliages avec le fer (ferrochromes) sont utilisés en sidérurgie dans la fabrication des aciers ordinaires et des aciers spéciaux. 

Très répandu dans la nature, c'est le 21ème élément le plus abondant dans la croûte terrestre. 
Le chrome peut remplacer une partie de l'aluminium ou du fer dans de nombreux minéraux, ce qui leur donne une couleur exceptionnelle. Un grand nombre de pierres précieuses doivent leur couleur à la présence de composés du chrome. Il existe peu de minerais de chrome exploitables, la chromite ou fer chromé (FeCr 2O4) étant le seul important. 

Le chrome a une valence de +3 dans les chromites et les sels chromiques. La plupart de ces composés sont verts, quelques uns sont rouges ou bleus. Par exemple, l'oxyde chromique (Cr2O3) est un solide vert. Dans les chromates et les dichromates, le chrome a une valence de +6. Le dichromate de potassium (K2Cr2O7) est un solide rouge soluble dans l'eau. Mélangé à la gélatine, il donne le chromate de plomb (PbCrO4), solide insoluble, largement utilisé comme pigment : le jaune de chrome. Le chrome vert est un colorant, mélange de jaune de chrome et de bleu de Prusse.

Pour fabriquer des peintures, on utilise comme pigments : l’oxyde de chrome (III) Cr2O3, vert plus ou moins foncé (le vert Guignet a pour formule Cr2O3,2H2O) ; divers chromates et en particulier celui du plomb (jaune de chrome, orangé de chrome) et celui du zinc (le jaune de zinc est formé de chromates basiques de zinc ou de zinc et de potassium plus ou moins hydratés). Attention, la stabilité des peintures à base de chrome est faible, mieux vaut les éviter, excepté, éventuellement le vert oxyde de chrome. 


Le titane
Le titane a été découvert en 1791 par un homme d'église britannique, William Gregor, dans le minerai miscibles Quatre ans plus tard, le chimiste allemand Martin Heinrich Klaproth redécouvrit cet élément dans le minerai rutile, et l'appela titane par référence à la force des Titans de la mythologie grecque. D’autres affirment que l’étymologie du mot "titane", ou "titanium", terme de chimie, nous vient du grec : terre blanche, plâtre. 

Le titane, élément métallique blanc argenté est l’élément chimique de symbole Ti, de numéro atomique Z=22 et de masse atomique 47,90. Il appartient au groupe IVb de la classification périodique. Métal (Ti) de densité 4,54, il fond vers 1.660 °C et bout vers 3.287 °C. 

Le titane brûle dans l'oxygène à 610°C, en formant le dioxyde de titane. Le métal brûle également dans l'azote à 800°C, pour former le nitrure de titane, TiN. Dans ses composés, le titane a une valence de 4, de 3 ou de 2, comme, respectivement, dans le tétrachlorure de titane TiCl4, dans le trichlorure TiCl3, et enfin dans le dichlorure TiCl2.

C’est le neuvième élément par ordre d’abondance dans la croûte terrestre, et la plupart des roches éruptives ou sédimentaires en contiennent. Le métal fut finalement isolé en 1910. La première utilisation industrielle semble être un additif, parfois en quantité notable, aux fontes et aciers sous forme de ferrotitane au début du 20ème siècle. 

Ce métal fut une curiosité de laboratoire jusqu’en 1936, date à laquelle Wilhelm J. Kroll montra que le titane ductile pouvait être produit industriellement par réduction de tétrachlorure de titane par le magnésium.

Le titane possède des qualités mécaniques analogues à celles des aciers, mais il est beaucoup plus léger que ceux-ci. Il est utilisé en peinture sous forme de dioxyde de titane (blanc de titane) à fort pouvoir couvrant. L’industrie aérospatiale l’utilise sous forme d’alliages avec l’aluminium, l’étain et le molybdène. Les structures des avions supersoniques conçus pour des vitesses supérieures à Mach 2,2 doivent être constituées d’une forte proportion de titane pour résister à l’échauffement aérodynamique. 

Le titane pur est soluble dans l'eau chaude et dans les acides sulfurique et fluorhydrique ; il est insoluble dans l'eau froide. Le métal est extrêmement fragile à froid, mais est facilement malléable et ductile à des températures relativement élevées. 

Le titane est le 9ème élément le plus abondant dans la croûte terrestre. Dans la nature, on ne le trouve pas à l'état pur, mais sous forme d'oxyde, dans l'ilménite, sous la forme du composé de formule FeTiO3, dans le rutile, sous la forme de TiO2, et dans le titanite.

Certains minerais de fer sont titanifères (taux de titane inférieur à 40%). Seuls le rutile et l’ilménite, titrant respectivement 90% (et plus) et de 40 à 60% d’oxyde TiO2, sont utilisés industriellement comme sources de titane, et seul le rutile a été employé dans la production du titane à l’état métallique. 

Usage du titane
Le titane est très utilisé dans l'industrie, car il allie trois principales propriétés intéressantes: une faible masse volumique, une importante résistance à la corrosion lorsque le métal n'est pas allié, et d'excellentes propriétés mécaniques. Ainsi, le titane est utilisé dans les alliages métalliques et en remplacement de l'aluminium. En alliage avec l'aluminium et le vanadium, le titane est utilisé en aviation dans les cloisons anti-feu, les revêtements extérieurs, les canalisations hydrauliques et les supports de moteur. Les ailettes des compresseurs, les disques et l'habillage des moteurs à réaction sont également en titane. Un avion à réaction de transport commercial utilise entre 320 et 1.135 Kg de ce métal. Un avion à réaction supersonique de transport, se déplaçant à des vitesses comprises entre 2.400 et 3.250/h, utilise entre 14 et 45 tonnes de titane. 

L’oxyde est utilisé principalement (à 80%) comme pigment pour les peintures, plastiques, laques, émaux et charges de papier, sous le nom de blanc de titane, en raison de qualités spécifiques exceptionnelles : indice de réfraction, pouvoir couvrant, éclat, prise d'huile, pouvoir tinctorial. 

Le dioxyde de titane, appelé blanc de titane, est un pigment blanc brillant utilisé dans les peintures, les vernis, les laques, les plastiques, le papier, les textiles et le caoutchouc. Les artistes peuvent l’utiliser en toute tranquillité, ce pigment est très stable et miscible. 

Le plomb
Le mot plomb, qui nous vient du latin plumbum, désigne un métal d'un blanc bleuâtre, très mou et très pesant. Allié avec la moitié de son poids d'étain, le plomb forme la soudure des plombiers ; combiné avec environ le quart de son poids d'antimoine, il constitue les caractères d'imprimerie.

Le blanc de plomb est un des noms vulgaires donnés au carbonate de plomb, appelé aussi céruse. Nous trouvons ainsi plusieurs qualificatifs exprimant le nom d’une couleur attribués au plomb, par exemple: 
Plomb blanc, carbonate de plomb.
Plomb rouge, chromate de plomb natif.
Plomb corné, chlorure de plomb.
Plomb jaune, molybdate de plomb.
Plomb spathique, phosphate de plomb.
Plomb vitreux, sulfate de plomb.

La mine de plomb ou plombagine est un graphite employé à faire des crayons.

Le plomb de mer est un nom impropre donné quelquefois au graphite (plombagine), employé pour vernir le plomb de chasse.

En terme de relieur, le plomb est une composition de mine de plomb, de colle et d'eau qu'on met sur la tranche d'un livre.

En terme des graveurs de médailles, le plomb à la main, une certaine quantité de plomb fondu, sur lequel ils appliquent leur figure pour en voir parfaitement l'empreinte.

En terme d'imprimerie, lire sur le plomb consiste à lire sur la composition même.

En terme de plombier, il désigne tout le plomb qu'on met sur les toits et autres endroits de la maison. Poser le plomb.

En terme de marine, le plomb désigne les divers tuyaux de dalots, de bouteilles, ou autres conduits en plomb qui existent à bord. Toujours dans la marine, nous employons l’expression "plomb de sonde", ou, simplement, plomb, pour désigner une masse de plomb généralement façonnée en cône ou en pyramide, qu'on attache à l'extrémité d'une cordelette, et dont on se sert pour mesurer la profondeur de l'eau.

Nous trouvons encore le plomb de vitres qui est du plomb fondu en petites bandes, pour lier entre eux les petits carreaux des vitrages. Mettre en plomb, loger le verre dans le plomb.

Le plomb à rabot est celui qui n'a pas été tiré ou laminé, mais qui est aminci au moyen du rabot.

La colique de plomb ou des peintres (en bâtiment) est une colique violente causée par l'oxyde de plomb contenu dans les couleurs à huile.

Le fil à plomb, ou, simplement, plomb, est un morceau de métal suspendu à une ficelle, dont les maçons, les charpentiers, etc. se servent pour élever verticalement leurs ouvrages. Mettre, dresser à plomb, rendre vertical.

L’usage du mot plomb ne se limite pas à ces quelques énumérations. Le plomb est un élément métallique (symbole Pb). Sa densité est de 11,34, il fond à 327,5 °C et bout à 1740 °C. Le plomb est un métal très dense, mou, malléable et ductile. D’un gris bleuâtre, de symboleet de numéro atomique Z=82 et de masse atomique 207,19, le plomb fait partie du groupe 14 (ou IVa) du tableau périodique des éléments. Il s’allie à la plupart des métaux, et plus particulièrement à l’étain; cet alliage permet notamment la soudure dite "à l’étain". 

Les minerais exploités sont la galène (PbS), la cérusite (PbCO3), l’anglésite (PbSO4). On trouve dans la nature divers isotopes du plomb, car il constitue le terme final des désintégrations de l’uranium. 

L’oxyde PbO a été mis en évidence sous deux variétés, l’une rouge (litharge), l’autre jaune (massicot), dont la température de transformation se situe à 486°C. L’oxyde PbO augmente l’indice de réfraction des verres et est employé pour fabriquer le verre cristal qui doit contenir, pour détenir cette appellation, plus de 24% de PbO, ainsi que pour élaborer le cœur des fibres optiques. 

Largement répandu à la surface du globe, le plomb constitue près de 0,014% en masse de la croûte terrestre, ce qui le place parmi les métaux industriels, entre le cuivre (0,035%) et l’étain (0,002%). Il est généralement associé au zinc dans le minerai appelé galène. 

On le trouve essentiellement sous forme de sulfure (PbS, galène), de carbonate (PbCO3, cérusite) ou de sulfate (PbSO4, anglésite), plus rarement de chromate (crocoïte) ou de molybdate (wulfénite). 

Principal minerai, la galène est souvent argentifère et accompagnée d’autres sulfures (blende, pyrite, notamment) ; il en résulte que la production annuelle de plomb et son prix sont relativement dépendants des fluctuations de l’offre et de la demande d’autres métaux. 

L’usage du plomb
Environ 70% du plomb produit est utilisé dans la fabrication d’accumulateurs dans lesquels le plomb est présent sous forme de métal et d’oxydes. Il est également employé sous forme d’oxyde dans la fabrication du verre, des céramiques, comme stabilisant du P.V.C. et sous forme métallique pour élaborer des tuyaux, des feuilles, des revêtements de câbles sous-marins, des munitions ainsi que des alliages pour soudures, des alliages antifriction. 

Les pigments à base de plomb sont de moins en moins utilisés et l’emploi sous forme de plomb tétraéthyle incorporé dans l’essence est en voie de disparition avec le développement des pots catalytiques des véhicules automobiles pour lesquels le plomb est un poison. Une quantité considérable de plomb est également consommée sous forme de dérivés, en particulier dans les peintures et les pigments.

Le carbonate de plomb, de formule (PbCO3)2Pb(OH)2, appelé blanc de plomb ou céruse, est utilisé depuis plus de deux mille ans comme pigment blanc. Il sert également d’enduit pour la céramique et pour la fabrication d’autres pigments. Du fait des dangers d’empoisonnement par le plomb, l’utilisation des peintures à base de ce produit pour la décoration intérieure a été en grande partie interdite.

Le monoxyde de plomb, ou litharge (PbO), est une poudre cristalline jaune obtenue par chauffage du plomb en présence d’air. Cet oxyde est utilisé dans la fabrication du verre au plomb, pour la dessiccation dans les huiles et les vernis et dans la production d’insecticides. 

Le minium, de formule Pb3O4, poudre cristalline écarlate obtenue par oxydation du monoxyde de plomb, est un pigment employé dans les peintures pour protéger de la rouille les structures en fer et en acier.

Le chromate de plomb, ou jaune de chrome, de formule PbCrO4, est une poudre cristalline utilisée comme pigment jaune. Il s’obtient par réaction de l’acétate de plomb sur le bichromate de potassium. 

Le rouge de chrome, le jaune orangé de chrome et le jaune citron de chrome sont quelques-uns des pigments obtenus à partir du chromate de plomb. 

L’éthanoate de plomb(II) (Pb(C2H3O2)23H2O), composé cristallin blanc appelé sucre de plomb du fait de son goût sucré, est obtenu industriellement par dissolution de la litharge dans l’acide éthanoïque. Il est utilisé comme mordant en teinture, pour la dessiccation des peintures et des vernis, et pour la synthèse d’autres composés du plomb.

Le tétraéthyle de plomb(IV) (Pb(C2H5)4) est le principal constituant des agents antidétonants ajoutés à l’essence pour empêcher l’explosion prématurée des mélanges air-essence dans les moteurs à combustion interne. Cependant, il semble que ce composé contribue de façon significative à la pollution de l’air.

Dans plusieurs oxydes, le plomb possède simultanément les degrés d’oxydation +II et +IV. Le minium Pb3O4, utilisé comme pigment antirouille, est préparé par oxydation du plomb. 

Obtenu à partir de la cérusite, il est employé comme pigment sous le nom de mine orange. Les autres oxydes à degrés d’oxydation mixtes ont les formules Pb2O3 et Pb12O19.

En résumé, toutes les peintures contenant des pigments d’oxyde de plomb sont à éliminer de la palette d’un Artiste Peintre… même si certains fabricants, par simple soucis de rentabilité commerciale, les classent dans la catégorie des couleurs stables, comme le «blanc d’argent» par exemple, sans tenir compte du facteur de miscibilité : ce qui, à mon avis, est franchement trompeur !

Donc, le plus simple consiste tout simplement à éliminer de votre palette toutes les peintures contenant du plomb… dans la mesure où il est possible d’en avoir connaissance, ce qui est loin d’être toujours le cas. L’obscurantisme des fabricants de peinture est caractéristique et l’Artiste Peintre dispose souvent de peu de moyen pour effectuer des vérifications: donc, prudence… et si une peinture éveille en vous un doute, abstenez-vous de l’utiliser, des pigments plus solides existent… même s’ils n’entrent pas dans la majorité des peintures proposées dans le commerce. Attention aux catalogues de présentation : leur but consiste à favoriser la vente… non la qualité du travail de l’Artiste Peintre… et dans ce domaine, l’incompétence ou le laxisme des services de la répression des fraudes est caractéristique !

L’antimoine
L’origine du mot antimoine est douteuse. On l'a fait venir, d'après sa composition apparente, d'antimoine, c'est-à-dire contraire aux moines. Mais cette étymologie ne se fonde absolument sur rien, aucune anecdote de quelque authenticité ne nous apprenant comment un pareil sobriquet aurait pu être donné à ce métal.

Quelques-uns le font venir d'un terme grec en le justifiant par le fait que ce métal ne se trouve jamais seul ; certains, d'un autre mot grec indiquant qu'il fortifie les corps. Antimonium se trouve dans les écrits de Constantin l'Africain, De gradibus, page 381, médecin salernitain qui vivait à la fin du 11ème siècle.

D'autres, avec raison, semble-t-il, tirent ce mot de l'arabe athmoud ou ithmid. Athmoud est devenu facilement, dans le latin barbare, antimonium. D'un autre côté, la forme propre de l'arabe est ithmid, et vient sans aucun doute du grec, qui est dans stibié (terme de pharmacie: où il est entré de l'antimoine, du grec, antimoin); de sorte que, par un jeu singulier de l'altération des langues, antimoine et stibié seraient un mot identique.

Autrefois, l’antimoine était considéré comme un métal d'un blanc bleuâtre avec lequel on préparait l'émétique. Aujourd’hui l’antimoine est considéré comme étant un élément semi-métallique, de symbole Sb. L’antimoine est cassant, de numéro atomique 51. L'élément appartient au groupe 15 (ou Va) du tableau périodique. Élément de numéro atomique Z = 51 et de masse atomique M = 121,75 (symbole Sb). ­ Corps simple (Sb) de densité 6,7, qui fond à 630,7 °C et bout à 1950 °C.

L'antimoine est le 64ème élément naturel le plus abondant dans la roche de la couche terrestre. Sa masse atomique est de 121,75. Il fond vers 630°C, bout vers 1.750°C et a une densité de 6,7. On le trouve parfois sous forme libre et couramment associé avec l'argent, l'arsenic ou le bismuth. Il cristallise dans le système hexagonal, mais ses cristaux sont rares. Il a une dureté de 3.

Son principal minerai est la stibine, un sulfure d'antimoine exploité en Chine, en France, en Italie, au Japon, au Mexique, et, à petite échelle, aux États-Unis. On obtient des quantités considérables d'antimoine comme sous-produit dans le raffinage de minerais de cuivre et de plomb.

L'antimoine liquide a l'extraordinaire propriété de se dilater lorsqu'il est refroidi et qu'il se solidifie (l'eau est l'un des quelques autres composés qui ont cette propriété). Ainsi, il remplira les fissures d'un moule et permettra d'obtenir des articles de fonte exceptionnellement tranchants. C'est pourquoi on l'utilise dans la fabrication du métal pour caractères. On l'utilise également dans de nombreux autres alliages tels que le métal anglais, l'étain de poterie, le métal antifriction et le plomb dur.

Parmi les composés importants de l'antimoine, on peut citer le potassium antimonyl tartrate, double tartrate d'antimoine et de potassium employé comme agent médicinal, le sulfure d'antimoine utilisé sur les allumettes de sûreté et dans la vulcanisation du caoutchouc, le verre d'antimoine, mélange d'oxyde et de sulfure d'antimoine, utilisé comme pigment jaune dans le verre et la porcelaine, et le beurre d'antimoine ou trichlorure d'antimoine, utilisé pour bronzer l'acier, comme mordant en teinture et comme caustique en médecine.

L'antimoine est utilisé par de nombreux fabricants de peinture. Sa présence ne nuit en rien à la stabilité, ni à sa miscibilité avec d’autres composants.

Le fer
Le mot "fer" nous vient du latin "ferrum". Il se dit en Wallon, fier; en bourguignon far ; dans le Berry, far ; en provençal fer, ferr, ferre ; en espagnol hierro; en portugais et en italien ferro…

Le fer est un métal ductile, malléable, d'un emploi considérable dans les arts, et dont la pesanteur spécifique est de 7788. Le fer s'appelait mars dans l'ancienne chimie… et aujourd’hui, dans le nom des peintures à base de pigments d’oxyde de fer (noir de Mars, oranger de Mars, jaune de Mars, etc.)

Nous trouvons différents usages du mot fer: Le fer natif est le fer que l'on trouve à l'état de pureté dans la terre. Le feu des volcans a quelquefois formé de ces régules de fer, et c'est ce que les minéralogistes ont appelé mal à propos fer natif.Le fer cendreux est le fer auquel on ne saurait donner le poli, à cause de taches grises couleur de cendre.Le fer aigre est celui qui se casse facilement à froid.Le fer doux est le fer qui ne se casse pas facilement. Le fer à acier, fer doué de la propension aciéreuse et devenant acier plus facilement qu'un autre.L’âge du fer : période, succédant à l’âge du bronze, où se répandit l’usage du fer (vers 850 avant Jésus-Christ en Europe). 
La liste concernant l’usage du mot fer est très longue, c’est dans le sens de fer, élément métallique, qu’il intéresse la fabrication des pigments utilisés par l’Artiste Peintre. Le fer (symbole Fe) est l’élément métallique de numéro atomique Z = 26. Sa masse atomique est 55,85. Il se place dans la première série de transition entre le manganèse et le cobalt. Ses propriétés chimiques sont voisines de celles du cobalt.

Le métal fer est gris-blanc, ductile, ferromagnétique, de densité 7,86, il fond à 1.535 °C et bout à 2.750 °C. Il est facilement magnétisable aux températures ordinaires, mais difficilement lorsqu'il est chauffé; vers 790°C, ses propriétés magnétiques disparaissent.

Le métal existe sous trois différentes formes allotropiques : le fer ordinaire, ou fer ά, le fer γ et le fer δ. L'arrangement des atomes dans le réseau cristallin est modifié par la transition d'une forme à une autre. La transition du fer ά au fer γ se produit vers 910°C ; la transition du fer γ au fer δ a lieu vers 1.400°C. 

Le fer est un métal chimiquement réactif : il s'associe aux halogènes (fluor, chlore, brome, iode et astate), au soufre, au phosphore, au carbone et au silicium. 

Le fer brûle dans l'oxygène pour former un oxyde, la magnétite, de formule Fe3O4. Exposé à l'air humide, le fer se corrode en formant un oxyde ferrique hydraté, brun rougeâtre et lamellaire, la rouille. 

Le fer constitue près de 5 % de la croûte terrestre (hématite, magnétite, pyrite) et se trouve en abondance, avec le nickel, dans le noyau terrestre. C'est le 4ème élément le plus abondant dans la croûte terrestre. Il se combine avec tous les éléments non métalliques (sauf l'hydrogène). 

Le composé ferreux le plus important est le sulfate ferreux, de formule FeSO4.7H2O, ou vitriol vert. Ce composé se présente sous la forme de cristaux vert pâle ; c'est un sous-produit du fer de décapage. Il est utilisé comme mordant en teinture, comme reconstituant en médecine, et pour la fabrication des encres et des pigments.

L'oxyde de fer (III), poudre amorphe rouge, est obtenu à partir de sels de fer (III) par un traitement avec une base, ou par oxydation de la pyrite. Cet oxyde de fer a plusieurs utilisations, comme pigment (rouge de fer ou rouge vénitien), comme abrasif de polissage, et comme matériau de bandes magnétiques et de disques. 

Les ions ferreux (II) et ferriques (III) forment des composés appelés complexes avec les ions cyanure. L'hexacyanoferrate (II) de fer (III), ou ferrocyanure ferrique, de formule (Fe4[Fe(CN)6]3), est un composé solide amorphe, bleu foncé, appelé bleu de Prusse, qui se forme par réaction de l'hexacyanoferrate (II) de potassium sur un sel de fer (III). Il est utilisé comme pigment en peinture et pour bleuir le linge, corrigeant ainsi son aspect jaunâtre dû aux sels de fer (II) contenus dans l'eau. 

Les peintures pour artiste réalisées à base d'oxyde de fer comportent généralement l'appellation «Mars»sur les tubes, c'est ainsi que nous trouvons le jaune de Mars, l'oranger de Mars, le rouge de Mars, le noir de Mars. Ces peintures sont à privilégier pour l'artiste peintre (sauf le bleu de Prusse). Elles figurent parmi les plus stables, très facilement miscibles, elles sont aussi parmi les moins chères du marché ! 

Le nickel
L’étymologie du mot «nickel» nous dit que les mineurs suédois, qui avaient d'abord pris ce métal pour un minerai précieux, détrompés plus tard et vexés de la présence de cette substance qui se comportait fort mal à la fusion, lui ont donné le nom de nickel, un des génies nains des mines.

Il se trouve assez souvent dans les mines de cobalt un minéral qui ne ressemble à aucun autre, et qui n'a été reconnu que dans ces derniers temps ; c'est le nickel. Ce métal blanc a la propriété magnétique, mais à un moindre degré que le fer. 

Le nickel est un élément métallique, de numéro atomique Z = 28 et de masse atomique 58,71 (symbole Ni). Sa densité est de 8,9, il fond à 1453 °C et bout vers 2800 °C. Il possède 5 isotopes stables, dont 58Ni (67,76%), et 7 isotopes radioactifs identifiés. Le nickel occupe le huitième groupe de transition avec le fer et le cobalt. Il est ferromagnétique jusqu’à 355°C (point de Curie). Le nickel entre dans la composition de nombreux alliages, notamment des aciers inoxydables.

Le nickel est abondant dans les météorites, à l’intérieur du globe terrestre (manteau et noyau) et sous forme combinée dans des minéraux tels que la garniérite, la millérite, la niccolite, la pentlandite et la pyrrhotite. Ces deux dernières sont les principaux minerais du nickel. Il arrive au vingt-troisième ou au vingt-quatrième rang dans la croûte terrestre. Malgré cette relative abondance, les minerais de nickel (sulfures, oxydes et silicates) exploitables dans des conditions économiques convenables sont localisés dans quelques régions seulement.

Le nickel possède d’excellentes propriétés mécaniques. Il résiste aux agents atmosphériques et à la plupart des agents chimiques, et il est doué de propriétés magnétiques. On l’utilise pour protéger les métaux contre la corrosion. 

Le protoxyde de nickel NiO peut être obtenu par calcination d’un sel (nitrate, carbonate, sulfate) ou par oxydation du sulfure de nickel. Il est soluble dans les acides minéraux, mais n’est pas soluble dans l’eau. Il est utilisé dans l’industrie de l’émaillage, de la poterie, et comme catalyseur. L’hydroxyde de nickel Ni(OH)2 est de couleur verte ; il est utilisé dans les accumulateurs alcalins. Il existe d’autres oxydes : NiO2 et Ni3O4.

Le nickel est bivalent. Ses sels sont jaunes à l’état anhydre et leurs solutions sont vertes. Le sulfure NiS existe à l’état naturel. 

En peinture pour artiste, les oxydes de nickel, avec ajout de titane et d’antimoine, sont utilisés pour la fabrication du jaune de nickel. Ces pigments sont remarquablement couvrants, d’excellente stabilité et miscible… bien qu’un peu chers (prix de revient de fabrication élevé). 

Le manganèse
L’origine du mot manganèse est inconnue. Scheler propose l'allemand Manganerz, minerai renfermant du manganèse; il trouve qu'une corruption de magnésie n'est guère probable ; mais d'où vient Mangan en allemand ? 

D'autre part on lit dans Legoarant : "Le savon des verriers (oxyde de manganèse) était employé depuis longtemps sous le nom de magnésie noire, appelée en latin magalaea, que Lemery traduit en français par magalaize, maganaise et magnèse". Une remarque s’impose : Buffon faisait manganèse féminin : La manganèse est une matière minérale composée....

Toujours est-il que ce métal fut pour la première fois identifié comme élément en 1774 par le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele et isolé la même année par Johann Gottlieb Gahn, par réduction du dioxyde de manganèse sous l'action du carbone.

En revanche, le péroxyde de manganèse, ou oxyde noir, est connu de toute l’antiquité, et désigné généralement sous le nom de manganèse, anciennement sous celui de magnésie noire.

Le manganèse est un métal gris clair, brillant comme l’acier, avec des reflets rougeâtres. Il se situe en tête de la colonne VII A de la classification périodique et au centre de la série des éléments dits de transition de la quatrième période, entre le chrome et le fer. Il possède des analogies aussi bien avec les éléments de transition qu’avec ceux de sa propre colonne : technétium et rhénium.

Le manganèse est l’élément métallique de numéro atomique Z = 25 et de masse atomique 54,93 (symbole Mn). Métal (Mn) qui fond vers 1.245°C et bout vers 1.960°C, sa densité est de 7,2. Le manganèse est très dur, très fragile, sa cassure raboteuse.

Le manganèse naturel, de masse atomique 54,938, ne comporte qu’un seul isotope stable de masse 55. On connaît des isotopes artificiels radioactifs de masses 50, 51, 52, 54, 56 et 57. Le manganèse est le 12ème élément par son abondance dans la nature : il constitue près de 0,1 % en masse de la croûte terrestre, ce qui le classe au douzième rang des éléments chimiques. Trop électropositif, il ne se rencontre jamais à l'état métallique dans la nature. Il est largement répandu sous la forme de minerais, tels que la pyrolusite, minerai principal, et la rhodochrosite, la franklinite, la psilomélane et la manganite. Chimiquement analogue au fer, le manganèse est très réactif. Il est corrodé à l'air humide et se dissout dans les acides.

Le manganèse est quasiment inoxydable à la température ordinaire. Il présente de nombreuses analogies avec le fer, le nickel et le cobalt. 

Le dioxyde de manganèse MnO2 provient de la pyrolusite et est préparé par chauffage du nitrate de manganèse ; il est utilisé comme dépolarisant dans les batteries à pile sèche, ainsi que dans la préparation du chlore, de l'iode et des huiles pour peintures et vernis. 

Les oxydes de manganèse servent à colorer ou à décolorer le verre. Par exemple, la couleur verte du verre, due à la présence des oxydes FeO et Fe2O3, peut être supprimée par ajout de certaines quantités de dioxyde de manganèse, qui oxyde FeO en Fe2O3.

Parmi les applications des sels et oxydes de manganèse, on peut citer les pigments pour peinture à l’huile et teinture des tissus. C’est le cas de MnO2 (bistre de manganèse ou terre d’ambre), de MnCuO4 (jaune), de MnCO3 (blanc de manganèse), du complexe phosphorique de MnII (violet de manganèse), de la solution solide de sulfate et de manganate de baryum (bleu de manganèse) et du vert de Cassel (BaMnO4).

Les sels manganeux sont des catalyseurs d’oxydation qui assurent le durcissement de l’huile de lin et des peintures usuelles (siccatif). 

Les artistes peuvent sans crainte orienter leurs choix vers ces pigments, leurs stabilités sont excellentes et leur miscibilité ne pose pas de problème. 

Le zinc
Pour certains, le mot "Zinc" viendrait de l’allemand "Zink"... mais on ne croit pas que le mot allemand soit indigène. Richelet dit zain ou zin pour désigner l’antimoine femelle, l’étain de glace. 

Toujours est-il que le zinc est un élément chimique métallique blanc bleuâtre, de symbole Zn et de numéro atomique Z = 30 appartenant au sous-groupe IIb de la classification périodique. Sa masse atomique est 65,38. Ce métal est un élément de transition de densité 7,14, qui fond à 419,6 °C et bout à 907 °C.

Le zinc est assez abondant dans la croûte terrestre. On ne le trouve pas à l'état libre dans la nature, mais sous forme d'oxyde de zinc (ZnO) dans la zincite, sous forme de silicate de zinc (2ZnO,SiO2,H2O) dans l'hémimorphite, de carbonate de zinc (ZnCO3) dans la smithsonite, d'oxyde mixte de zinc et de fer (Zn(FeO2)O2) dans la franklinite, et de sulfure de zinc (ZnS) dans la blende.

Le zinc est un métal très réducteur, qui s’oxyde à l’air humide en se recouvrant d’une couche protectrice, mais les acides non oxydants l’attaquent. Bien qu’il soit de grande consommation et que ses applications se rencontrent dans la vie courante, il est peu connu. Le zinc est cité pour la première fois sous sa dénomination actuelle par Paracelse dans son traité De re metallurgica, au début du 16ème siècle. 

Ce métal existe dans la nature combiné avec le soufre dans la blende, et à l'état d'hydrate et d'oxyde dans la calamine. 

Le zinc pur est un métal cristallin, insoluble dans l'eau (chaude ou froide) et soluble dans l'alcool, les acides et les bases. Il est réducteur et amphotère (il a un comportement acide ou basique selon la nature du milieu dans lequel il se trouve). Il est extrêmement cassant aux températures ordinaires, mais devient malléable et ductile entre 100°C et 150°C, et peut être laminé en feuilles.

L'oxyde de zinc, appelé blanc de zinc ou blanc de neige, est une poudre blanche préparée par combustion de la vapeur de zinc. Elle est employée comme pigment dans les peintures, comme charge dans les pneus en caoutchouc, ainsi qu'en médecine comme pommade antiseptique. 

Le cadmium, très volatil, se retrouve intégralement dans le zinc et la poussière de zinc produits. Le plomb, moins volatil, se partage entre les résidus et le zinc condensé.

Les peintures pour artiste contenant du zinc sont à éviter : leur stabilité chromatique est très faible et leur miscibilité avec d’autres pigments est à éviter. 

Le lapis-lazuli
C’est à un tectosilicate de calcium et de sodium, la lazurite (de l'arabe lazavard, ciel) que nous devons cette couleur qui caractérise le bleu outremer. La lazurite est un feldspathoïde, c'est-à-dire un minéral voisin du feldspath mais moins riche en silice. Cette roche présente des couleurs du bleu azur foncé au bleu-violet, ceci en fonction de ses taux de pyrite et de calcite. 

Lorsque la lazurite associée avec la pyrite et la calcite, ainsi qu'avec d'autres minéraux, elle donne une roche de couleur bleue et blanche appelée lapis-lazulis. C’est dans cette roche que sont taillés de nombreux objets décoratifs.

En fait, le terme de lapis-lazuli est réservé à des roches composées de plusieurs minéraux dont la lazurite (de couleur bleue intense) et, en moindre quantité, la calcite (de couleur blanche) et la pyrite (qui présente une couleur jaune tirant parfois sur le brun). 

La formule chimique de lapis-lazuli est : (Na, Ca)8[(AlSiO4)6(SO4, S, Cl)2]; sa dureté est de 5-6 pour un poids spécifique de 2,39 à 2,89. D’un éclat vitreux mais de transparence opaque, il appartient au système cubique.

Facilement attaquée par l'acide chlorhydrique (HCl), le lapis-lazuli dégage alors du sulfure d'hydrogène (H2S), en dégagent une odeur puante, un peu comparable à celle d’un œuf pourri.

C'est avec lapis-lazuli que les Égyptiens façonnaient des amulettes en forme de scarabée et les Chinois des objets d'art.

Le terme de lapis-lazuli nous vient du latin lapis (pierre) et de l'arabe azul (bleu). Il n’est pas synonyme de lazurite. La lazurite est le principal constituant du lapis-lazuli, mais ce dernier est une roche composée de plusieurs minéraux, dont l'haüyne, la sodalite et la noséane. Ce sont ces trois feldspathoïdes qui donnent la couleur outremer à la roche. Concernant la calcite, elle forme les traînées blanches alors que la pyrite, qui est un bisulfure de fer, est visible en des petits points brillants ; selon le degré d’oxydation, ces points sont de reflets plus ou moins verdâtres. Dans la roche lapis-lazuli nous trouvons encore d’autres silicates, mais en plus petites quantités. A titre d’exemple, nous pouvons citer: scapolite, forstiérite, augite, diopside, néphéline et hornblende. 

La roche bleue lapis-lazuli fit son apparition en Europe vers le 5ème siècle après Jésus-Christ : on l'appelait ultramarinum (outremer), non pour sa couleur, mais pour son origine. Ce ne sera que beaucoup plus tard que le nom d'outremer désignera cette teinte bleue violacée que nous lui connaissons aujourd’hui.

C’est au Moyen Âge que la pierre lapis-lazuli sera écrasée et réduite en poudre pour donner le pigment bleu utilisé par les peintres, un pigment très cher! C’est d’ailleurs en raison de ce prix de revient élevé que cette méthode de production fut abandonnée lorsque, en 1826, Jean Baptiste Guimet en réalisa une synthèse par une méthode peu coûteuse.

En dépit d’un usage très répandu chez les artistes, la stabilité de ce pigment est trop faible pour résister aux attaques des rayons ultraviolets et surtout à la pollution de l’air d’aujourd’hui. Ses mélanges sont aussi très fragiles (présence de soufre), ce qui fait que les artistes soucieux de la qualité de leur travail lui préfère souvent le bleu indanthrène (ou bleu indien chez certains fabricants) et en sont arrivés à abandonner totalement le bleu outremer en peinture à l’huile. Le bleu outremer résiste mieux aux épreuves du temps dans la peinture à l’eau que dans la peinture à l’huile. 

L’aluminium
Le mot "aluminium" est un terme de chimie qui caractérise un métal qui est le radical de l'alumine, cette dernière étant une base salifiable qui existe dans l'alun et dans les diverses argiles : à l'état de pureté, elle est blanche, douce au toucher, insipide, adhérente à la langue. Le mot alumine est l’ablatif de alumen. L’alun est un sulfate acide d'alumine et de potasse ou d'ammoniaque, c’est un sel d'une saveur astringente. 

L’aluminium est l’élément métallique de numéro atomique Z=13. Sa masse atomique est z = 26,98 et son symbole Al. L’aluminium appartient au groupe IIIA (colonne 13) du tableau périodique et son état d’oxydation le plus stable est +3. C’est un métal peu dense, de masse volumique 2,7 g/cm³ à 20 °C, il fond à 660°C et bout à 2.467°C. 

L’aluminium est un des éléments les plus abondants dans la croûte terrestre. Il y en aurait 7,5 à 8 % dans l’épipérisphère connue, de 16 Km d’épaisseur ; ce chiffre n’est dépassé que par l’oxygène et le silicium. L’aluminium est donc l’élément métallique le plus abondant dans la croûte terrestre. 

L’alumine est présente dans de nombreuses espèces minérales, les plus abondantes étant les feldspaths et les produits de leur décomposition : argiles (Al2O3, 2, 2) et schistes. On sait maintenant extraire l’alumine des argiles, mais le procédé n’est pas économique actuellement, notamment au point de vue énergétique, et le seul minerai industriellement utilisé est la bauxite, avec deux exceptions locales à échelle limitée : la leucite en Italie et la néphéline en ex-U.R.S.S. La bauxite est un minerai renfermant surtout de l’alumine hydratée, plus ou moins mêlée d’oxydes de fer et de silicium, dont on extrait l’aluminium. Le premier gisement de bauxite a été découvert aux Baux-de-Provence… d’où son nom de bauxite.

La bauxite blanche étant inutilisable en raison de sa teneur élevée en silice, on n’utilise que les bauxites rouges, riches en oxyde de fer, mais contenant moins de 8 % de silice. 
La cryolithe (AlF3, 3NaF), solvant de l’alumine pour l’électrolyse, n’existe à l’état naturel qu’à Ivigtut, au sud-est du Groenland : elle est maintenant obtenue par synthèse.

L’oxyde d’aluminium est amphotère: il a en même temps des propriétés acides et basiques. Les composés d’aluminium les plus importants sont les oxydes, les hydroxydes, les sulfates et les sulfates mixtes. Le chlorure d’aluminium anhydre est utilisé dans les industries pétrolières et pétrochimiques. De nombreuses pierres précieuses, comme le rubis et le saphir, sont essentiellement constituées d’oxyde d’aluminium.

Pour obtenir 1 kg d’aluminium, il faut 4 kg de bauxite (fournissant 2 kg d’alumine), 1 kg de soude, 1 kg de coke de pétrole utilisé comme électrode, 10 kg de carbone et 15 kWh d’énergie électrique. La pureté du produit obtenu atteint 99,5% dans un lingot commercial d’aluminium, valeur qu’un raffinage ultérieur peut élever à 99,99%.
Les oxydes d'aluminum sont souvent utilisét en complément pigmentaire dans de plus en plus de peinture de couleurs claires (comme les jaunes).

Le mica
Nous trouvons fréquemment, dans les catalogues de vente des rares fabricants qui font état des pigments utilisés pour la fabrication de leurs peintures, que telle ou telle couleur contient du mica, souvent en additif à d’autres pigments. C’est le cas de Lefranc & Bourgeois dans une série de couleurs transparentes, qualifiées "d’interférentielles"… qui, soit dit en passant, sont parfaitement instables, mais ce fabricant à l’honnêteté de le préciser sur son référencier : tous ses concurrents ne peuvent pas en dire autant !

Donc, puisque le mica est utilisé, il m’appartient d’en préciser la nature exact, en complément de mes considérations sur l’aluminium, le mica étant un minéral formé principalement de silicate d’aluminium et de potassium. Il se caractérise par sa structure feuilletée, son éclat métallique et sa grande résistance à la chaleur.

On distingue deux catégories de mica : le mica noir (ou biotite) est un silicate de magnésium ; le mica blanc (ou muscovite) est un silicate d’aluminium. Ils sont tous deux présents dans les roches magmatiques (granite, par exemple) ; la muscovite l’est également dans certaines roches sédimentaires. Sa transparence, son homogénéité et ses propriétés d’isolant thermique donne au mica de nombreuses utilisations (c’est sans doute pour sa transparence que les établissements Lefranc & Bourgeois l’ont choisi pour accroître leur gamme de couleur transparentes). 

Le mot «mica» est un terme de minéralogie. C’est le nom d'un groupe de minéraux qui sont des silico-aluminates de potasse, de fer et de magnésie. Ainsi, nous trouvons: 
·Le mica ciselé, que est une variété de hornblende.
·Le mica ferrugineux que sont le fer oligiste micacé et le fer phosphaté.
·Le mica vert, qui est l’ancien nom de l'oxyde d'urane.
·Le mica schistoïde qui est une roche métamorphique composée de mica et de quartz, c’est à dire une roche qui affecte un ensemble des transformations (minéralogiques, structurales, etc.) après avoir été soumise à des conditions de température et de pression différentes de celles de sa formation.

Le mica est une pierre composée de feuillets minces, élastiques, flexibles et d'un éclat métallique, doré, argenté ou bronzé. On emploie ce mica [foliacé] au lieu de verre pour garnir les croisées en Sibérie. 

Son nom vient du latin "mica", parcelle, ou, peut-être micare, briller.

A cela, nous pouvons ajouter que Monsieur le pasteur Dupin de Saint-André, de Sauveterre, Basses-Pyrénées, remarque que le mica contient une petite quantité de fluor; mais, si cela est vrai pour les micas à deux axes de double réfraction, il n'en est pas de même pour les micas à un seul axe, qui ont la composition indiquée au Dictionnaire. On doit remarquer d'ailleurs que le nom de mica s'applique à des substances de composition chimique très variée ; on en trouve qui renferment du chrome, de la lithine, etc. Ce qui caractérise ces corps c'est la propriété de se laisser diviser en feuillets minces, translucides et élastiques, et d'être des silicates alumineux.

Le mica est donc bien un groupe de minéraux composés de silicate d'aluminium, qui se caractérisent par un clivage basal parfait qui permet de les séparer en feuillets très fins, quelque peu élastiques. 

Les micas forment leurs cristaux dans le système monoclinique. Leur dureté varie de 2 à 4 et leur densité de 2,7 à 3,2. Leur couleur varie avec leur composition. Les micas les plus importants sont la muscovite, la phlogopite, la lépidolite, et la biotite. Voici ce qui les caractérise:
·La muscovite, également appelée mica blanc, contient du potassium et de l'aluminium. Elle est transparente quand elle est en feuillets minces, et translucide quand elle est en blocs plus épais. Elle se présente sous différentes couleurs: jaune, brune, verte, ou rouge.
·La phlogopite, qui contient du potassium, du magnésium, et de l'aluminium. Elle est transparente en feuillets minces, vitreuses ou perlées en blocs plus épais. Elle est de couleur jaune-brun, verte ou blanche. La muscovite et la phlogopite sont utilisées comme matériaux isolants dans la fabrication d'appareils électriques, particulièrement pour les lampes utilisées en électronique. 
·La lépidolite, ou mica lithique, contient du potassium, du lithium, et de l'aluminium, et est habituellement de couleur lilas ou rose. La biotite contient du potassium, du magnésium, du fer, et de l'aluminium. Elle a un éclat lustré et elle est habituellement de couleur vert foncé, brune, ou noire, mais elle peut également être jaune pâle.

Les déchets de mica obtenus dans les fabriques de feuilles de mica sont utilisés comme lubrifiants après avoir été mélangés à des huiles, et comme matériaux réfractaires. À ces utilisations industrielles, nous pouvons ajouter leur usage pour la fabrication de peinture. 

Le labrador
Le labrador, souvent confondu à tort avec la labratdorire, est un terme de minéralogie. C’est un Feldspath (silicate double d’aluminium et de potassium, sodium ou calcium). Ce minéral a été découvert en 1770 au Canada, dans la région du Labrador (d’où son nom), vaste presqu’île du Canada bordée par la mer de Davis, l’Atlantique et la baie du Saint-Laurent, par le père Adolphe, qui remarqua que la pierre chatoie dans des teintes bleues et vertes lorsqu’on la déplace dans la lumière. Les premiers labradors furent rapportés en Europe en 1775.

Précision : Il existe de nombreux feldspaths, qui donnent, par mélange, la série des plagioclases. Les feldspaths, en combinaison avec d’autres minéraux, forment diverses roches (granites, notamment). Leur altération fournit diverses argiles (comme le kaolin utilisé pour la fabrication de la porcelaine). 

Tectosilicate, le labrador est un aluminosilicate de sodium et de calcium appartenant à la famille des feldspaths et faisant partie de la série des plagioclases. Le labrador est rarement cristallisé. En masse, il est souvent de couleur brun bleuté à bleu-vert ou mauve et présente surtout une iridescente très caractéristique : sa texture étant lamellaire, l’épaisseur optique des feuillets est de l’ordre de la longueur d’onde de la lumière visible, ce qui provoque de vives interférences colorées rappelant le jeu de lumière de l’opale. 

Le labrador est un minéral, la labradorite une roche effusive de type andésitique (*), par son faible taux en minéraux ferromagnétiques, et de type basaltique, par la présence de plagioclases, notamment de labrador, qui peut être largement majoritaire.

*) Andésitique: caractéristique d’une forme de volcanite. Pendant la subduction (en géologie: enfoncement d’une plaque sous la plaque voisine), la croûte océanique et les sédiments qui la recouvrent s’enfoncent lentement dans le manteau et fondent. Le magma qui se forme alors remonte du plan de subduction vers la surface et donne naissance au volcanisme «andésitique» (l’andésite est une roche volcanique présente dans la cordillère des Andes d’où elle tient son nom, de composition chimique intermédiaire entre le basalte et le granite). C’est ainsi qu’est né le volcanisme du Japon, des Philippines et des Aléoutiennes.

Les principales caractéristiques du labrador sont :
·sa formule : Na[AlSi3O8], Ca[Al2Si2O8] ;
·son système : triclinique, classe holoédrique ;
·sa dureté : 6-6,5 ;
·son poids spécifique : 2,6-2,8 ;
·son éclat : de nacré à vitreux ;
·sa transparence : d’opaque à translucide ;
·sa cassure : irrégulière, esquilleuse.

Tous ces minéraux se distinguent facilement par leurs macles polysynthétiques, dites justement de l’albite, particulièrement visibles au microscope optique avec une lumière polarisée, sous laquelle ils peuvent montrer une zonation caractéristique, qui traduit soit des variations de composition chimique, soit des phénomènes de recristallisation. À l’œil nu, seul le labrador présente ce jeu de couleur à l’éclat nacré, voire submétallique.

Le labrador est utilisé dans l’industrie de la céramique et des réfractaires ; les spécimens iridescents sont façonnés en cabochon ou en sphère pour la bijouterie (le labrador est sans conteste le minéral à couleurs changeantes le plus utilisé), ou sculptés en objets ornementaux. 

La labradorite très riche en labrador est appréciée en ornementation architecturale, tant pour décorer des façades que pour construire des monuments funéraires. Certains fabricants de peinture l’utilisent comme pigment. 

Le cyanure d’hydrogène
Le cyanure d’hydrogène a été découvert par C. W. Scheele, qui l’a préparé à partir du bleu de Prusse (ferrocyanure ferrique) par action d’acide sulfurique.

Le mot "cyanure" est un terme de chimie qui caractérise la combinaison du cyanogène avec un corps simple. Le cyanogène est un gaz incolore, d'une odeur pénétrante, composé d'azote et de carbone, mais qui a la propriété de se comporter comme un corps simple.

Ce mot "cyanogène" du grec, bleu et gène, suffixe grec qui, dans la nomenclature chimique, signifie qui engendre; fautivement, car en grec gène signifie qui est engendré. C’est le limousin Louis Joseph Gay-Lussac (né à Saint-Léonard-de-Noblat (en Haute Vienne) en 1778 et mort à Paris en 1850), qui a découvert le cyanogène, lui donna ce nom, c'est un des principes constituants du bleu de Prusse.

Le cyanure, en chimie, est un sel ou ester de l’acide cyanhydrique. (Les cyanures de métaux lourds forment des complexes très stables ; le ferrocyanure ferrique, ou bleu de Prusse, est utilisé comme pigment.) ­ Groupe cyanure : le groupe -CN. 

Les cyanures, sels de l’acide cyanhydrique (HCN) sont différents des nitriles (produits de déshydratation d’un amide, comportant le radical -CN), de formule générale R-CN.

Les cyanures des métaux alcalins ou alcalino-terreux sont solubles dans l’eau, contrairement aux cyanures des métaux lourds, qui se dissolvent cependant dans les cyanures alcalins ; ils constituent alors des sels doubles. Avec certains métaux, tels que le cobalt, le fer, le platine et le nickel, les cyanures forment des complexes.

Les cyanures alcalins résistent aux températures élevées, contrairement à ceux des métaux lourds. On prépare le cyanure de potassium (cyanure de métal alcalin) à 900°C, à partir du carbonate de potassium, en faisant réagir de l’ammoniac avec du charbon.

Le cyanure d’hydrogène se caractérise ainsi:
·Symbole : H-C´N 
·Masse moléculaire : 27,016 g
·Point d’ébullition : 26°C 
·Point de congélation : - 13,24°C 
·Densité (à 15°C ) : 0,697.

Également appelé formonitrile, le cyanure d’hydrogène est un liquide incolore, très mobile, de forte odeur d’amandes amères, fortement toxique ; miscible à l’eau en toutes proportions, ses solutions sont connues sous le nom d’acide cyanhydrique ou acide prussique (nom provenant du bleu de Prusse, ou bleu de Berlin).

On peut aussi le préparer par décomposition de ses sels par les acides ou par oxydation catalytique d’un mélange de méthane et d’ammoniac par l’air à 1.000°C sur toile de platine.

L’acide cyanhydrique est un acide faible décomposable par l’eau. Par ébullition de ses solutions aqueuses, il se polymérise avec formation simultanée de formiate d’ammonium. Par neutralisation avec les bases, il donne des cyanures qui s’hydrolysent facilement et possèdent la même odeur que l’acide.

Je ne conseille pas l’usage du bleu de Prusse, qui est un ferrocyanure ferrique, en raison de sa faible stabilité chromatique. En remplacement, pour obtenir la même coloration, un mélange de bleu indien (pigment : bleu indanthrène) avec un peu de noir de mars (pigment : oxyde de fer) donne toute satisfaction… avec en plus, un mélange stable ! 

L’aniline
Le mot "aniline" est issu du terme "anil" terme botanique qui désigne une plante dont on tire l’indigo. Ce mot vient du persan nïl, bleu, qui tient au sanscrit nila, bleu foncé.

L’aniline, en terme de chimie, désigne une amine aromatique, c'est un alcaloïde artificiel. Elle conduit aux sels de diazonium qui fournissent de nombreux colorants (hélianthine, jaune d’aniline, etc.). On en tire différentes couleurs, particulièrement un beau bleu.

L’aniline est un composé organique renfermant une fonction amine primaire, c’est-à-dire un atome d’azote lié à un carbone et à deux hydrogènes ; l’atome de carbone appartenant à un noyau benzénique, il s’agit d’une amine aromatique, la plus simple de toutes. 

L’aniline, est un liquide incolore de formule C6H5NH2, légèrement soluble dans l'eau et soluble dans les solvants organiques. L'aniline fond à -6,2°C et bout à 184,3°C.

L'aniline, liquide incolore, brunit sous l’action de l’air et de la lumière, son odeur est très désagréable ; peu soluble dans l’eau (34 g par litre à 20°C), elle a une masse spécifique de 1,024/cm3 ; elle se solidifie à -6°C et bout à 184°C. C’est un produit assez toxique, que ce soit par injection ou par contact avec la peau ; l’inhalation de fortes quantités de vapeur provoque des vertiges et un état d’agitation.

L’aniline fut synthétisée pour la première fois en 1826 par l’Allemand Unverdorben. C'était alors l'un des produits obtenus en chauffant l'indigo à température élevée. L'aniline est un dérivé azoté du benzène. D’abord extraite des goudrons de houille (Runge, 1834), l’aniline se prépare actuellement à partir du benzène par l’intermédiaire soit du chlorobenzène, soit du nitrobenzène.

L’aniline est susceptible de copuler avec les diazoïques pour donner des aminoazoïques qui sont des matières colorantes. Il est également possible de condenser l’aniline avec d’autres amines aromatiques ; en présence d’oxygène, la toluidine (mélange d’ortho-et para-aminotoluène) et l’aniline fournissent un colorant du groupe du triphénylméthane, la rosaniline (ou fuchsine).

L’aniline est la matière de base de l’industrie des matières colorantes ; elle est très employée dans la synthèse des colorants azoïques et c’est le point de départ de la fabrication de l’indigo. 

Comment se prépare-t-elle? L’aniline a été découverte par Unverdorben en 1826 lors de la distillation sèche de l’indigo sur de la chaux ; cette découverte lui a donné son nom (anil signifie indigo en portugais).

L’industrie des matières colorantes reste un grand consommateur d’aniline. On l’utilise soit directement, soit pour obtenir des intermédiaires. Dans le premier cas, elle sert à préparer : 
-par oxydation chromique, le noir d’aniline, très employé pour teindre le coton ;
-par condensation avec d’autres amines aromatiques, des colorants dérivés du triphénylméthane ; c’est le cas de la fuchsine (formule 7), chlorhydrate de rosaniline, préparée en oxydant un mélange d’aniline (20 %), d’orthotoluidine (50 %) et de paratoluidine (30 %) par le nitrobenzène en présence de chlorure de fer.

Parmi les nombreuses réactions où elle intervient, on peut citer : 
-la préparation du chlorure de benzène diazonium (i) ou chlorure de diazobenzène, obtenu par action de l’acide nitreux (nitrite de sodium en milieu acide chlorhydrique) ; ce composé, condensé avec des corps à fonction amine ou phénol, permet de préparer de nombreux colorants azoïques renfermant un ou plusieurs groupements (-N=N-) ;
-la pyrolyse du sulfate acide d’aniline à 200°C qui fournit l’acide sulfanilique (h), point de départ de colorants azoïques orangés : l’hélianthine par exemple, obtenue en condensant le diazoïque de l’acide torrent et la diméthylaniline ; 
-la diméthylaniline (g) elle-même, préparée par action du méthanol sur l’aniline ; elle sert également à la fabrication de colorants du groupe du triphénylméthane ; 
-la condensation avec l’acide monochloracétique ClCH2-COOH fournit la phénylglycine : C6H5-NH-CH2-CO2H, intermédiaire dans la synthèse industrielle de l’indigo (réaction).

Actuellement, l'aniline est principalement utilisée dans la synthèse d'une classe importante de matières plastiques: les polyuréthanes. L'aniline a d'autres utilisations importantes: la fabrication de colorants, de médicaments (par exemple, la sulfanilamide), d'explosifs et de nombreux produits chimiques synthétiques.

D’une manière générale, toutes les peinture à base d’aniline sont à éliminer de la palette d’un artiste peintre (manque de stabilité chromatique)… même si de nombreux fabriquants, pour des raisons essentiellement commerciales, qualifient leurs peintures à base d’aniline de "très stables" ! 

L’ivoire
L’ivoire est une matière dure d’une blancheur laiteuse, variété de tissu osseux très fortement minéralisé (sels de calcium, notamment) constituant les défenses de l’éléphant. Objets sculptés en ivoire, ou, ellipt. des ivoires. Bracelet en ivoire. Matière des dents et défenses de certains animaux autres que l’éléphant (hippopotame, narval, etc.), dit le dictionnaire.

Les termes qui désignent l’ivoire dans diverses langues européennes se regroupent en deux familles principales. La première dérive du latin eboreus, qui est d'ivoire, dérivé de ebur, ivoire, qui a donné ivoire en français, avorio en italien, ivory en anglais et ivoor en néerlandais. Ebur paraît être l'égyptien ebou, lu par Champollion. Le mot allemand Elfenbein se rattache au grec elephantos (latin : elephantus) ; il en va de même du danois et du suédois elfenben. Le terme norvégien fiilsben est à part ; le second élément fait songer à l’allemand, le premier au mot espagnol marfil, qui lui-même dérive de l’arabe nab-al-fil.

L’ivoire fossile, généralement fendillé, de couleur bleuâtre, a été essentiellement conservé dans le sol gelé du nord de la Sibérie. C'est surtout chez les Ostiaks (peuple de Sibérie occidentale établi entre l’Ob moyen et l’Oural), chez les Burates et les Yakutes, leurs voisins, qu'on trouve souvent, dans la terre, de cet ivoire dont on n'a jamais pu savoir l'origine : les uns le croient un ivoire fossile; les autres, les dents d'une espèce d'éléphant dont la race est détruite, écrivait Voltaire (Russie, I, 1). Cet ivoire, sans doute constitué par les défenses des mammouths du pléistocène (mais peut-être aussi de l’hippopotame, du phacochère, du sanglier, du narval ou du morse, comme quelques voyageurs l'ont prétendu), tient sa couleur bleue d’une saturation en sels métalliques. 

L’ivoire mort, plus dur et de moindre qualité, est prélevé sur les carcasses. Enfin, il existe un ivoire végétal ou corozo, substance blanche, très dure, formant l’albumen des graines d’un palmier d’Amérique tropicale et dont on fait notamment des boutons.

L’ivoire vert, dans le commerce, est le nom de l'ivoire des défenses arrachées depuis peu de temps, ou plutôt arrachées sur l'éléphant vivant ou peu de temps après sa mort; il est d'un grain serré et a une teinte verte qui bientôt se dissipe pour laisser le plus beau blanc. Il est dit de qualité supérieure. Il constituait, jusqu’en 1989, moins d’un quart de la production mondiale. Sa provenance influe sur ses caractéristiques: l’ivoire de Siam (Thaïlande) est plus blanc et plus doux que l’ivoire d’Afrique qui a tendance à pâlir (comme l’ivoire du Gabon) ou à jaunir (comme l’ivoire du Cap).

Nous trouvons encore l’expression «blanc comme l'ivoire», c'est-à-dire d'un blanc qui a une nuance de carnation. Un cou d'ivoire est un cou dont la peau est blanche mais assez transparente pour laisser deviner le sang qui est au-dessous. Elle se dit aussi des dents : Dents blanches comme l'ivoire.

L’ivoire est la matière des dents de certains autres animaux, tels que l'hippopotame, le narval, etc. La dent du narval est d'un bel ivoire.

En terme d'anatomie, l’ivoire constitue la partie dure de la dent, partie qui est revêtue, mais à la couronne seulement, d'une autre partie dite émail.

L’ivoire végétal est la substance qui provient des graines du phytelephas macrocarpe, dont l'endosperme bleu, opaque et très dur, se polit comme l'ivoire (famille des palmiers).

L’ivoire artificiel est une composition inventée récemment et sur laquelle on a obtenu de belles épreuves photographiques.

Le noir d'ivoire consiste en une poudre noire très fine faite d'ivoire calciné et pulvérisé.

Le terme ivoire désigne également un objet fabriqué dans cette substance. Depuis octobre 1989, le commerce de l’ivoire est interdit, et l’éléphant fait partie des espèces protégées.

Pour en revenir à l’usage par le peintre de l’ivoire, le seul qu’il utilise est le noir d’ivoire. Le noir d’ivoire est une poudre noire utilisée en peinture, faite d’ivoire et d’os calcinés. Le noir d’ivoire désigne la couleur noire préparée avec cette poudre.

Très stable et légèrement transparent, son usage comporte un certain risque de craquelures avec le temps. Cependant, en superposition sur un noir de mars (oxyde de fer) par exemple, il donne une profondeur de noire difficile à égaler avec d’autres pigments. Il est parfaitement miscible. À n’utiliser en seconde couche que sur une première couche parfaitement "sèche", selon les techniques "classiques" (un délai d’un an entre les deux couches est souhaitable avec ce pigment pour ne pas risquer les craquelures) ou immédiatement sur une couche de noir de mars encore fraiche, selon ma technique "impressionniste moderne", en "lames" très fines pour donner un maximum de profondeur ou de transparence. Cette superposition peut évidemment d'effectuer sur n'importe quelle couleur, permettant ainsi, par transparence, de donner une multitude d'effets très originaux. 

Le baryum
Le baryum est un métal d'un blanc d'argent, mou, un peu malléable, qui, combiné avec l'oxygène, forme la baryte (oxyde de baryum, substance alcaline fort pesante). 

Le nom de «barium» vient du grec «barus»: lourd, pesant.

En terme de chimie, c’est un élément alcalino-terreux, de numéro atomique Z=56 et de masse atomique M=137,34 (symbole Ba). Ce métal (Ba) très réactif, de densité 3,5 (à 20°C), fond à 725°C et bout à 1.640°C. Le baryum est le 14ème élément le plus abondant dans la croûte terrestre. 

Contrairement à son nom, ce n’est pas le métal qui est lourd, mais son sulfate, qui est un des sels les plus insolubles. Peu répandu dans la nature, il représente 0,05 % de la croûte terrestre, sous forme de barytine et de withérite (carbonate).

Le métal brûle dans l’air avec éclat pour donner le monoxyde ; il est fortement attaqué par l’eau, qui le transforme en hydroxyde. Avec les halogènes, il donne des halogénures à froid et, avec le soufre, il forme à chaud des sulfures. L'élément réagit violemment avec l'eau et se corrode rapidement à l'air humide. En fait, l'élément est si réactif qu'on le trouve dans la nature sous forme de composé. 

Les composés volatils du baryum communiquent à la flamme une couleur vert-jaune caractéristique, d’où l’emploi du nitrate de baryum et du chlorate dans les feux d’artifice et les fusées éclairantes. Ses sels solubles sont toxiques, et l’on emploie le carbonate de baryum comme mort-aux-rats. 

L'usage de peintures à base de baryum n'est pas conseiller : réactions fréquentes avec d'autres pigments. L'usage sournois du sulfate de baryum, de la craie ou de l'hydrate d'aluminium se retrouve souvent comme charge dans les peintures à l'huile pour en réduire considérablement le coût de fabrication et en augmenter le poids pour donner l’illusion de la présence de pigments lourds (comme le nickel qui est beaucoup plus cher). N'utiliser ces peintures que pour les couches de fond (en très fine couche), pour les recouvrir ensuite par des peintures à pigments purs (selon la technique impressionniste moderne). 
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Rien n’est plus beau que la nature et la peinture l’immortalise… parfois !

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